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Brève
Publié par La Gazette du LABORATOIRE 06/22/2026 28

Psoriasis : démêler les causes de la démangeaison chronique

Dans le psoriasis et d’autres maladies inflammatoires de la peau, la démangeaison chronique ou prurit constitue un symptôme particulièrement pénible pour les patients qui demeure aujourd’hui difficile à traiter. Des scientifiques de l’Institut Pasteur apportent un nouvel éclairage sur les mécanismes biologiques à l’origine de ce prurit persistant, en mettant en évidence un circuit inédit reliant le système immunitaire, le microbiote cutané et les nerfs sensoriels de la peau.

Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui, selon l’Organisation mondiale de la santé, touche près de 125 millions de personnes dans le monde. Si les plaques rouges et les squames en sont les manifestations les plus visibles, la démangeaison chronique (ou prurit) est l’un des symptômes les plus fréquents et les plus invalidants, encore mal compris, malgré son impact majeur sur la qualité de vie.

Les travaux menés par l’unité Méta-organisme dirigée par le Pr Yasmine Belkaid, également directrice générale de l’Institut Pasteur, en collaboration avec l’équipe de Michel Enamorado à l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai (New York), montrent que, lors de l’inflammation, une réponse immunitaire excessive dirigée contre le microbiote cutané - c’est-à-dire les micro-organismes vivant sur la peau - peut profondément remodeler l’innervation de la peau.

Les chercheurs ont identifié, chez la souris, un mécanisme neuro-immun inédit : la cytokine IL-17A, produite dans le cadre de la réponse immunitaire dirigée contre des bactéries de la peau, telles que Staphylococcus aureus, agit directement sur les neurones sensoriels. « Ce signal déclenche alors une prolifération des terminaisons nerveuses sensorielles, amplifiant ainsi la sensation de démangeaison », explique Nicolas Bouladoux, chercheur au sein de l’unité.

Cette découverte établit un nouveau lien entre le système immunitaire, le microbiote de la peau et les nerfs. Elle offre un espoir : en ciblant spécifiquement ce mécanisme, de futurs traitements pourraient permettre de mieux soulager le prurit chronique dans les maladies inflammatoires de la peau comme le psoriasis.

Rappelons que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu officiellement, en 2025, les maladies de peau comme une priorité de santé mondiale. Ceci complète la reconnaissance du psoriasis lui-même comme une maladie en 2014. « C’est le début d’une reconnaissance attendue depuis longtemps par les patients, les soignants et les associations engagées », indique l’OMS. Pour faire avancer la lutte contre les préjugés et les discrimination, l’accès aux soins et la recherche.

Communiqué de presse en ligne

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