Dans le psoriasis et d’autres maladies inflammatoires de la
peau, la démangeaison chronique ou prurit constitue un symptôme
particulièrement pénible pour les patients qui demeure aujourd’hui
difficile à traiter. Des scientifiques de l’Institut Pasteur apportent
un nouvel éclairage sur les mécanismes biologiques à l’origine de ce
prurit persistant, en mettant en évidence un circuit inédit reliant le
système immunitaire, le microbiote cutané et les nerfs sensoriels de la
peau.
Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui,
selon l’Organisation mondiale de la santé, touche près de 125 millions
de personnes dans le monde. Si les plaques rouges et les squames en sont
les manifestations les plus visibles, la démangeaison chronique (ou
prurit) est l’un des symptômes les plus fréquents et les plus
invalidants, encore mal compris, malgré son impact majeur sur la qualité
de vie.
Les travaux menés par l’unité Méta-organisme dirigée par le Pr
Yasmine Belkaid, également directrice générale de l’Institut Pasteur, en
collaboration avec l’équipe de Michel Enamorado à l’Icahn School of
Medicine at Mount Sinai (New York), montrent que, lors de
l’inflammation, une réponse immunitaire excessive dirigée contre le
microbiote cutané - c’est-à-dire les micro-organismes vivant sur la peau
- peut profondément remodeler l’innervation de la peau.
Les chercheurs ont identifié, chez la souris, un mécanisme
neuro-immun inédit : la cytokine IL-17A, produite dans le cadre de la
réponse immunitaire dirigée contre des bactéries de la peau, telles que
Staphylococcus aureus, agit directement sur les neurones sensoriels. «
Ce signal déclenche alors une prolifération des terminaisons nerveuses
sensorielles, amplifiant ainsi la sensation de démangeaison », explique
Nicolas Bouladoux, chercheur au sein de l’unité.
Cette découverte établit un nouveau lien entre le système
immunitaire, le microbiote de la peau et les nerfs. Elle offre un espoir
: en ciblant spécifiquement ce mécanisme, de futurs traitements
pourraient permettre de mieux soulager le prurit chronique dans les
maladies inflammatoires de la peau comme le psoriasis.
Rappelons que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu
officiellement, en 2025, les maladies de peau comme une priorité de
santé mondiale. Ceci complète la reconnaissance du psoriasis lui-même
comme une maladie en 2014. « C’est le début d’une reconnaissance
attendue depuis longtemps par les patients, les soignants et les
associations engagées », indique l’OMS. Pour faire avancer la lutte
contre les préjugés et les discrimination, l’accès aux soins et la
recherche.
Communiqué de presse en ligne