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Le Pacte de la biologie médicale : un levier de prévention que la France ne peut pas se permettre de fragiliser

France

06/11/2026

À l'approche du PLFSS 2027 et des négociations conventionnelles, la Fédération de la Biologie Médicale publie une étude Roland Berger qui démontre le rôle central des laboratoires dans la soutenabilité du système de santé et alerte sur les fragilités économiques qui menacent cette contribution.

 

Un acteur clé de la prévention en santé publique

La biologie médicale représente moins de 2 % de l'ONDAM, mais contribue à près de 70 % des décisions médicales. Avec près de 500 000 patients accueillis chaque jour et 99 % de la population située à moins de 20 minutes d'un laboratoire de proximité, sans rendez-vous, elle constitue l'un des réseaux de santé les plus accessibles du territoire.

Elle constitue un levier essentiel des politiques de prévention défendues par la FBM : dépistage précoce des maladies chroniques, suivi des pathologies cardiovasculaires, détection des cancers à un stade curable, surveillance du diabète et de l'insuffisance rénale.

L'étude Roland Berger démontre que mieux mobiliser les laboratoires sur ces missions permettrait d'économiser plusieurs milliards d'euros à l'Assurance Maladie :

 

• Prévention cardiovasculaire : 470 M€ investis pour 4,4 Md€ de bénéfices à dix ans
• Diabète : près de 400 M€ d'économies nettes à dix ans
• Maladie rénale chronique : 1,6 Md€ d'économies nettes à dix ans
• Cancer colorectal et du col : des gains sanitaires et économiques significatifs

Aujourd'hui, 28 % des diabètes de type 2 sont diagnostiqués après une hospitalisation.
30 % des insuffisances rénales terminales sont prises en charge en urgence. La dépense évitable n'est pas le dépistage, c'est la complication.

 

Le dépistage sans ordonnance des IST, une réussite de santé publique

Depuis septembre 2024, le dépistage sans ordonnance des infections sexuellement transmissibles (IST) démontre la capacité des biologistes médicaux à répondre rapidement aux enjeux de santé publique. Grâce à un accès direct, 6 jours sur 7, sans ordonnance, et au maillage de proximité des laboratoires, le nombre de personnes dépistées a progressé de 30 %. Le dispositif touche des populations plus jeunes, souvent moins suivies médicalement, tout en affichant un taux de positivité comparable à celui du dépistage sur prescription. Une illustration concrète de l'apport de la biologie médicale au renforcement de la prévention.

 

Une situation économique critique qui menace l'avenir du secteur

Pourtant, la capacité des laboratoires à remplir ces missions de santé publique est aujourd'hui fragilisée. Depuis 2015, les dépenses de biologie médicale n'ont progressé que de 0,8 % par an, contre près de 3 % pour les autres postes de l'ONDAM. Dans le même temps, les tarifs ont chuté de 30 % en dix ans, malgré l'inflation. Au total, le secteur a généré 5,4 milliards d'euros d'économies pour l'Assurance Maladie. Des efforts considérables qui ont désormais atteint leur limite et menacent la pérennité d'un acteur essentiel de la prévention et de l'accès aux soins.

Les conséquences sont déjà tangibles : 
Ces efforts ont atteint un point de rupture. L'étude Roland Berger, conduite sur un panel représentant 94 % de l'activité privée, établit un constat sans équivoque : près de 80 % des laboratoires présentent aujourd'hui une rentabilité nette proche de zéro ou négative. 
•    Sur l'emploi et l'investissement : des capacités d'embauche et de modernisation fortement réduites
•    Sur le maillage territorial : jusqu'à 2 600 sites pourraient être amenés à réduire leur activité ou fermer à moyen terme
•    Sur le service aux patients : 58 % des sites fonctionnent désormais en horaires réduits, contre 36 % en 2023

Ce n'est pas une fragilité sectorielle. C'est un risque majeur pour l'accès aux soins de proximité, en particulier dans les territoires ruraux, là où le laboratoire reste souvent l'un des derniers points d'accès aux soins du quotidien.

 

La prévention, un investissement rentable pour le système de santé

La Fédération de la Biologie Médicale propose une vision renouvelée du rôle des laboratoires dans notre système de santé, fondée sur une conviction simple : la prévention constitue l'un des investissements les plus efficaces pour notre système de santé. Chaque euro consacré au dépistage précoce permet d'éviter plusieurs euros dedépenses liées à la prise en charge des complications, tout en améliorant la qualité de vie des patients. Les résultats de l'étude Roland Berger démontrent sans ambiguïté que le renforcement des actions de prévention et de dépistage portées par la biologie médicale génère des bénéfices sanitaires majeurs et des économies substantielles pour l'Assurance Maladie.

 

L'innovation est un levier puissant d'efficience

Un test biologique qui oriente vers le bon traitement du premier coup, un biomarqueur qui évite une prescription inutile : la biologie médicale permet déjà de soigner mieux en dépensant plus juste. 

C'est cette approche que défend la FBM : des économies réelles pour l'Assurance Maladie, un secteur économique consolidé au service des territoires, et pour les patients, une médecine plus précise, plus réactive et plus efficace.

« La biologie médicale a prouvé son efficience et sa fiabilité. Elle peut être un pilier du virage préventif que notre système de santé doit opérer. Encore faut-il lui en donner les moyens. » déclare François Blanchecotte, président de la Fédération de la Biologie Médicale

 

À l'heure où s'ouvrent les discussions sur le PLFSS 2027, la FBM est prête à travailler avec les pouvoirs publics sur des solutions conciliant maîtrise des dépenses, préservation du maillage territorial et déploiement d'une prévention ambitieuse.

Communiqué de presse en ligne

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