Conçu au plus près des réalités du terrain avec l’expertise unique de l’équipe Oxy’Pharm, ce guide de référence éclaire sur l’origine et le rôle des normes, décrypte les référentiels applicables et compare les méthodes de désinfection des surfaces. Mathieu AGNET, directeur scientifique de l’entreprise, répond à nos questions…
Vous êtes directeur scientifique chez Oxy’Pharm. Quel a été votre cursus et en quoi consiste précisément votre rôle aujourd’hui ?
Je
suis ingénieur agronome de formation. Mon parcours a commencé dans
l’agro-alimentaire, où l’importance d’une maîtrise parfaite de la
microbiologie m’a amené, il y a 25 ans, à me spécialiser dans la
prévention du risque infectieux, aussi bien en industrie qu’à l’hôpital
et en laboratoire, en France et à l’international.
Depuis fin 2023 chez Oxy’Pharm, mon rôle consiste avant tout à assurer un lien de cohérence entre les besoins exprimés sur le terrain et les solutions que nous développons. L’objectif est de travailler sur l’ensemble des attentes, très concrètes, de nos clients : efficacité microbiologique, compatibilité avec les surfaces et les matériaux, sécurité toxicologique, mais aussi impact environnemental qui constitue également l’ADN d’Oxy’Pharm !
Tous ces critères doivent être conciliés dans un cadre réglementaire exigeant et en constante évolution. Mon travail est donc transversal, en interaction avec différents services dans l'entreprise - dont la production et la qualité - afin de garantir une offre scientifiquement pertinente et conforme aux exigences normatives.
Pourquoi les normes de désinfection sont-elles si essentielles, alors qu’elles sont souvent perçues comme complexes ?
Les normes constituent avant tout un repère. Elles apportent une trame commune à l’ensemble des professionnels exerçant en milieux sensibles : laboratoires, établissements de santé, industries agroalimentaires, pharmaceutiques, cosmétiques ou secteur vétérinaire.
Mais la désinfection est un processus complexe, dépendant de nombreux facteurs dont la nature des micro-organismes ciblés (bactéries, levures, moisissures, virus, spores), les niveaux de contamination, les conditions d’utilisation (température, humidité, présence de matières organiques…) ou encore le type de surfaces à traiter.
Les normes ont pour vocation de maîtriser cette complexité en définissant des conditions d’essai comparables et, en évaluant objectivement, in fine, l’efficacité d’un produit ou d’un procédé. Sans ce cadre, il est impossible de comparer des solutions ou de garantir de façon fiable leur performance.
Comment ces normes structurent-elles concrètement les pratiques sur le terrain ?
Il faut comprendre que l’édifice normatif repose sur plusieurs niveaux. Les normes dites de phase 1, ou normes de base, servent à démontrer l’activité d’un désinfectant sur des micro-organismes de référence dans des conditions de laboratoire très contrôlées. Indispensables, elles restent toutefois insuffisantes, car éloignées des usages réels.
C’est pourquoi des normes d’application, dites de phase 2, ont été élaborées. Pour se rapprocher au maximum des conditions réelles d’utilisation, elles sont spécifiques aux différentes secteurs – médical, industriel, collectivités ou vétérinaire – et introduisent des paramètres supplémentaires comme la présence de matière organique ou des modes d’application concrets. C’est cet ensemble qui permet de structurer des pratiques fiables et adaptées au terrain.
Qui élabore ces normes et comment s’organise la normalisation ?
Chaque pays dispose d’une structure nationale de normalisation ; en France, il s’agit de l’AFNOR, l'association française de normalisation. Ces différentes instances nationales se sont regroupées au niveau européen au sein du Comité européen de normalisation, le CEN.
Dans le domaine de la désinfection, c’est plus précisément le groupe CEN/TC 216 qui élabore les normes, qu’elles soient de base ou d’application. À un niveau encore supérieur, l’ISO intervient pour proposer des normes à vocation internationale. Comprendre cette architecture normative est essentiel pour saisir la logique des référentiels et leur portée.
Pourquoi publier un livre blanc sur le sujet ?
Le
constat est simple : les normes de désinfection sont largement
sous-utilisées sur le terrain, non par manque d’intérêt, mais parce
qu’elles sont difficiles d’accès. Beaucoup de professionnels ignorent
comment elles sont construites et comment les exploiter dans leurs
décisions quotidiennes.
Nous avons donc souhaité réaliser un travail de vulgarisation pour démystifier ce monde qui parait trop souvent complexe. L’objectif est de créer un lien pédagogique entre les instances de normalisation et les utilisateurs finaux, afin de rendre ces outils accessibles, compréhensibles et valorisables par tous. Les normes sont un outil extraordinaire, mais encore faut-il disposer du mode d’emploi pour en tirer pleinement parti.
Quelle a été la démarche de construction de ce livre blanc ?
Le livre blanc est le fruit d’un travail collectif. Il repose sur l’expertise de plusieurs collaborateurs d’Oxy’Pharm, directement impliqués dans les groupes de travail de l’AFNOR et du CEN. Nous avons également capitalisé sur une forte expérience de terrain. Les échanges avec des responsables qualité, des hygiénistes ou des industriels nous permettent d’identifier leurs besoins réels en matière d’information. Cette implication génère un double flux d’informations : une contribution active à l’élaboration et à l’évolution des normes, et un transfert de connaissances vers les utilisateurs finaux. Enfin, un important travail éditorial et pédagogique a été mené pour rendre le contenu accessible, structuré et agréable à lire.
Existe-t-il une norme de référence centrale abordée dans le livre blanc ?
Oui, la norme EN 14885 occupe une place majeure. C’est une norme dite « chapeau » qui recense l’ensemble des normes applicables selon les revendications microbiologiques et les domaines d’utilisation. Elle est extrêmement riche en informations, mais aussi difficile à appréhender sans accompagnement. Le livre blanc explique comment la lire, comment l’utiliser et comment s’orienter ensuite vers les normes spécifiques, comme la EN 17272 pour la désinfection des surfaces par voie aérienne.
À qui s’adresse prioritairement cet ouvrage ?
Le livre blanc s’adresse à toutes les personnes amenées à faire des choix stratégiques en matière de désinfection : responsables qualité, responsables QHSE, hygiénistes hospitaliers, médecins, pharmaciens, ingénieurs… Nous avons voulu un document didactique, accessible aux novices, tout en étant suffisamment approfondi pour intéresser des experts confirmés. Il peut également constituer un support pédagogique pertinent dans la formation des jeunes professionnels et étudiants.
Les normes évoluent régulièrement. Le livre blanc est-il amené à évoluer lui aussi ?
Bien sûr. Les normes sont révisées en moyenne tous les trois à cinq ans. Le livre blanc évoluera en parallèle. Toutefois, il propose avant tout une grille de lecture de l’édifice normatif, une démarche intellectuelle qui reste valable dans le temps. Des mises à jour viendront compléter l’ouvrage pour garantir des informations toujours actuelles et pertinentes.
Quels enjeux normatifs anticipez-vous pour les prochaines années ?
Nous travaillons déjà sur la perspective de normes dites de phase 3, qui seraient basées sur des scénarios d’usage très spécifiques, encore plus proches des réalités du terrain. Ce serait une étape supplémentaire vers une normalisation toujours plus opérationnelle. C’est un enjeu majeur pour renforcer la pertinence et l’efficacité des pratiques de désinfection.
En quoi ce livre blanc reflète-t-il l’engagement scientifique d’Oxy’Pharm ? Comment y accéder ?
Ce livre blanc traduit une volonté forte de partage et de transfert de connaissances. Avec son positionnement à la fois dans les instances de normalisation et au quotidien sur le terrain, l’équipe Oxy’Pharm est pionnière et référence depuis plus de vingt ans dans la biodésinfection des surfaces par voie aérienne (Nocotech) et du nettoyage vapeur (Sanivap). Elle est ainsi pour les laboratoires et industries de tous secteurs la garantie d’une conformité parfaite avec les normes de sécurité les plus strictes et d’une attention forte portée à la préservation de la santé de l’Homme et de l’environnement. Enfin, Oxy’Pharm est un groupe resté familial et une production 100% française associée à un suivi des utilisateurs sur le long terme. Cet ancrage nous confère une légitimité particulière pour réaliser ce travail de médiation.
Le livre blanc « Enjeux et atouts des normes de désinfection » est téléchargeable gratuitement depuis le site internet d’Oxy’Pharm : www.oxypharm.net/livre-blanc. En le rendant accessible à tous, nous affirmons notre engagement en faveur de solutions efficaces, durables, respectueuses de l’homme et de l’environnement, et scientifiquement démontrées.
Pour en savoir plus :
www.oxypharm.net - info@oxypharm.net
Tél. : +33 (0)1 45 18 78 70 / +33 (0)4 37 22 55 59

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