Forum LABO Lyon - les 10 et 11 mars derniers - a une fois de plus offert un concentré de découvertes et d’échanges autour des technologies les plus récentes dédiées à la recherche, à la production et au contrôle. Parmi les exposants phares, ANTON PAAR, avec plus d’un siècle d’expertise et un engagement en R&D remarquable, s’est imposé en première ligne.
Analyse thermique et spectroscopie, réfractométrie et rhéologie… la vague d’innovations et d’applications portées par l’entreprise est en effet impressionnante. Loïc THOMAS, directeur général ANTON PAAR France, répond à nos questions. Entre rigueur scientifique et enthousiasme communicatif, le défi de ce reportage sera de restituer toute la richesse de ces échanges… en toute concision. Suivez-nous !
Bonjour M.
THOMAS. ANTON PAAR propose aujourd’hui 18 gammes d’instruments de mesure
et d’analyse, et plus de 200 solutions. Quel est leur point commun ?
« Le
dénominateur commun à tous les instruments ANTON PAAR est la maîtrise de
la température. Au-delà de la mesure elle-même, nos solutions visent en effet à
garantir un contrôle extrêmement précis de la température et des phénomènes qui
en dépendent, sur une plage très large, de –300 °C à +1600 °C.
Tous nos instruments reposent également sur les mêmes exigences premium de qualité, d’innovation et de durabilité. Développés en étroite interaction avec la communauté scientifique, ils sont conçus pour offrir des mesures fiables, robustes et reproductibles, en réponse aux attentes les plus élevées des laboratoires comme de l’industrie. »
ANTON PAAR
est une entreprise autrichienne familiale. Quelle importance revêt son
ancrage européen ?
« Chez ANTON PAAR,
toute la production est en effet européenne - à l’exception de la gamme QuantaTec,
issue de l’acquisition de Quantachrome aux États-Unis. Nos 10 autres sites
de production sont localisés en Autriche, en Allemagne et en Suisse. Ce modèle nous
permet une maitrise complète de notre processus de conception et de fabrication :
mécanique de précision, logiciels, cartes électroniques. Cette intégration
garantit une traçabilité totale et une qualité constante, ce qui constitue une
réelle valeur ajoutée pour nos clients. »
L’entreprise
se distingue aussi par son indépendance financière…
« C'est
un point essentiel. ANTON PAAR appartient à la fondation caritative
Santner. Ce modèle nous permet de réinvestir fortement dans l’innovation :
environ 20 nouveautés par an et près de 17 % du chiffre d’affaires
consacrés à la R&D, contre environ 4 % en moyenne dans le secteur.
Cette capacité à réinvestir en recherche, combinée à notre production interne, nous permet une vision long terme et nous confère une grande autonomie de décision. Nous concevons ainsi nos propres technologies en adéquation avec les besoins de nos clients, avec une parfaite maitrise de la qualité comme des délais, sans dépendre de sous-traitants. »
Vous
combinez développement interne et acquisitions ciblées…
« Absolument.
L’intégration de la société Brabender en 2023 en est un bon exemple. Elle
renforce notre expertise dans la caractérisation des matériaux et les procédés,
notamment dans l’agroalimentaire et les polymères, avec des synergies directes
avec nos solutions de rhéologie et désormais d’analyse thermique. »
Quels sont
aujourd’hui vos marchés stratégiques ?
« Nos secteurs historiques restent très présents : pharmaceutique,
cosmétique, pétrochimie ou encore aéronautique et défense. Mais deux autres
axes se distinguent particulièrement : le food – alimentaire
et boissons - et l’analyse des matériaux, qu’il s’agisse de
caractériser des propriétés comme la dureté, la consistance, la porosité… ou
d’optimiser les procédés dans les domaines de l’énergie comme le stockage de
l'hydrogène ou les piles à combustible, grâce à des technologies d’analyse de
particules, chimisorption, synthèse microondes ou distribution de la taille des
pores, entre autres… »
Revenons à
Forum LABO Lyon. Quelle est l’innovation phare présentée par ANTON PAAR
sur le salon ?
« Notre
toute nouvelle solution d’analyse thermique, la DSC Julia ! Ce calorimètre
différentiel à balayage de nouvelle génération et le logiciel associé ont été
entièrement développés et fabriqués dans nos usines autrichiennes, avec une
nouvelle équipe dédiée.
La DSC Julia se distingue notamment par un système breveté de régulation par effet Peltier qui permet de travailler sur une plage de températures très large, de -35°C à +700°C, sans cryostat ni chiller externe, extensible jusqu’à -170°C. Outre ses performances élevées, l’instrument combine simplicité d’utilisation et excellente reproductibilité des résultats. »
Pourquoi
investir ce domaine de l’analyse thermique ?
« L’analyse
thermique est très complémentaire de la rhéométrie et de la granulométrie, deux
domaines dans lesquels ANTON PAAR s’impose déjà comme un acteur de référence.
Les laboratoires utilisent très souvent ces techniques conjointement. Il était
donc naturel de développer notre propre plateforme de DSC. »
Quelles
applications vise cette nouvelle plateforme ?
« Transition
vitreuse, réticulation, temps de gel des colles, suivi de réactions, oxydation
des lubrifiants ou contrôle des polymères… toutes les applications de la DSC !
Les secteurs de la pétrochimie, de la chimie fine, de la pharmacie, de la
cosmétique et de l’agroalimentaire sont particulièrement intéressés. »
Vous avez
également présenté la nouvelle génération de rhéomètres MCR…
« Oui,
six nouveaux modèles composent cette série destinée à la recherche, au développement
et au contrôle qualité. Les performances atteintes aujourd’hui sont
particulièrement élevées : couple minimal de 0,2 nNm, fréquence de
balayage record de 200 Hz, capteur de force normale pour étudier les
comportements transitoires. Notre technologie brevetée Toolmaster permet
aussi de détecter automatiquement la géométrie installée - pâte,
liquide, solide et poudre – et d’adapter ainsi les méthodes de
mesures. Autre innovation judicieuse : l’ajout d’un petit miroir à
l’arrière de la géométrie facilite l’ébavurage de l’échantillon même dans les
zones peu visibles. »
Au‑delà de
la rhéologie et de l’analyse thermique, quelles autres gammes avez-vous présentées ?
« De
nombreuses gammes étaient exposées, dont nos spectromètres FTIR Lyza,
avec des versions dédiées à l’œnologie (Lyza 5000), aux produits
pétroliers, polymères et bitumes (Lyza 7000) et à la chimie (Lyza 3000).
Nous avons aussi présenté les réfractomètres Abbemat, disponibles en trois séries :
Essential pour l’alimentaire et la chimie ; Advanced offrant
une plage de mesure élargie et une connexion à notre logiciel AP Connect ;
et Pharma conforme aux exigences réglementaires et livrée avec des
packages de qualification. S’y ajoutaient nos viscosimètres ViscoQC, références
pour les essais pétroliers, ainsi que nos solutions de granulométrie Litesizer-Litesizer DIF
qui associe diffraction laser et analyse d’image, et Litesizer DIA,
centré sur l’analyse d’image dynamique - couvrant l’analyse de
particules du nanomètre jusqu’à plusieurs millimètres. »
Vous avez
évoqué AP Connect. Quel rôle joue le logiciel dans votre offre ?
« AP
Connect est un élément clé de notre offre. C’est un logiciel universel qui
centralise et trace les données de nos instruments, mais aussi d’équipements
tiers. Il répond aux enjeux de métrologie, de qualité et de conformité
réglementaire, notamment dans les environnements pharmaceutiques soumis au 21 CFR Part 11. »
Comment la
filiale française s’organise‑t‑elle pour accompagner cette montée en gamme
technologique ?
ANTON PAAR
France, basée aux Ulis, regroupe plus de 70 collaborateurs. Nos équipes
commerciales, support et service après‑vente travaillent en étroite
collaboration. Nous disposons de quatre laboratoires d’application - environ
200 m² - représentant l’ensemble de nos technologies. Nous y
réalisons des démonstrations, des études de faisabilité, des développements
applicatifs spécifiques et des tests sur échantillons clients. Sept ingénieurs
d’application y travaillent à plein temps. Le service technique, d’une
vingtaine de personnes, assure par ailleurs l’installation, la maintenance et
la qualification, ce qui est crucial pour les secteurs réglementés. »
Vous êtes
aussi très engagés dans la formation…
« En
effet. Nous intervenons dans plusieurs établissements et avons aussi mis en
place des mécénats de compétences, notamment des écoles d’ingénieurs dont nous
accueillons régulièrement les étudiants dans nos laboratoires. L’objectif est
de leur faire découvrir les technologies de pointe qu’ils utiliseront demain
dans l’industrie et de renforcer les liens entre recherche, formation et
innovation. Nous organisons par ailleurs des workshops thématiques à
destination d’un public professionnel… »
Si vous
deviez résumer la philosophie d’ANTON PAAR en une phrase ?
« Je
dirais simplement : chez ANTON PAAR, nous ne vendons pas des
instruments, nous proposons des solutions. Derrière chaque équipement, il existe
un besoin applicatif précis : mesurer un degré d’alcool, un rapport
masse/volume, un indice de réfraction ou une texture. Notre métier est de
conseiller et d’associer l’instrument, le logiciel, l’accessoire, la méthode et
le support pour fournir un résultat fiable, traçable, exploitable et la totale
satisfaction de nos clients. »
Pour en savoir plus :
ANTON
PAAR France S.A.S.
Katia BERKANE
Katia.berkane@anton-paar.com
www.anton-paar.com
S. DENIS
@ La Gazette du Laboratoire


