• La vaginose bactérienne touche 30 % des femmes dans
le monde, soit des millions de femmes impactées par des pertes, odeurs
ou irritations ainsi qu’un risque accru d’accouchement prématuré ou
d’infertilité
• Une équipe internationale de scientifiques, dont une chercheuse
de l’UCLouvain, a analysé lors d’essais cliniques, l’impact d’un
traitement probiotique afin de renforcer l’environnement vaginal
• Résultat ? Un traitement à base de probiotiques d'une semaine a
suffi pour réintroduire dans le vagin des bactéries protectrices,
réduisant les risques de récidive
Une équipe internationale du Vaginal Microbiome Research Consortium,
composée de scientifiques du Mass General Brigham (Harvard, US), du
Centre for the AIDS Programme of Research (Afrique du Sud), de
l’University of Maryland (US) et de l’UCLouvain a mis au point une
nouvelle approche prometteuse pour prévenir la récidive de la vaginose
bactérienne (VB). Les résultats de cette étude sont publiés dans la
prestigieuse revue scientifique Cell Host & Microbe.
À l’échelle mondiale, cette perturbation du microbiome vaginal touche 30
% des femmes, provoquant des pertes et des irritations, et est associée
à un risque accru d’accouchement prématuré, de contamination par le VIH
ou le papillomavirus et de croissance cellulaire anormale au niveau du
col de l’utérus. L’intérêt de cette étude ? Bien que les antibiotiques
soulagent les symptômes à court terme, jusqu’à 60 % des femmes souffrent
d’une récidive de la VB dans les six mois qui suivent l’infection,
voire doivent l’endurer de manière chronique. La cause ?
L’appauvrissement de la flore bactérienne vaginale, conséquence du
traitement antibiotique.
L’équipe de scientifiques a donc cherché à déterminer s’il était
possible de “réensemencer” cet environnement avec des bactéries
protectrices et aider le corps à rester en bonne santé par lui-même. Un
premier essai clinique était déjà parvenu, grâce au test d’un produit
biothérapeutique, à réduire la récidive de l’infection mais au bout d’un
traitement long d’11 semaines. Ce deuxième essai clinique avait donc
pour but de mettre au point un meilleur traitement probiotique
multi-souches. Baptisé VIBRANT (Vaginal lIve Biotherapeutic RANdomized
Trial), l’essai a rassemblé 90 participantes originaires d’Afrique du
Sud et des États-Unis. Chacune a reçu, durant 7 jours, des antibiotiques
complétés par, selon le groupe, des comprimés placebo, des comprimés
contenant 6 souches ou des comprimés contenant 15 souches des bactéries
Lactobacillus crispatus, naturellement présentes dans le microbiome
vaginal. Les scientifiques ont utilisé des techniques de séquençage pour
rechercher la présence de bactéries bénéfiques durant cinq semaines.
Ils ont constaté que le microbiome vaginal des deux tiers des
participantes (66 %) contenait des bactéries protectrices dès les cinq
premières semaines. Près de la moitié de ce groupe présentait encore ces
bactéries lors du suivi prolongé à 12 semaines. L'équipe prévoit
d’autres essais cliniques afin d'optimiser le traitement et obtenir
l'autorisation pour la fabrication de cette biothérapie contre la
vaginose bactérienne.
Le rôle de l’UCLouvain dans cette étude ? Laura Symul, chercheuse en
biostatistiques, a coordonné l’intégration des données cliniques et
issues du séquençage, le contrôle de la qualité de ces données et
appliqué les modèles d’analyse biostatistiques afin de consolider les
résultats.
Autre intérêt de cette étude ? « Au-delà des implications cliniques,
l'essai offre un aperçu rare des mécanismes biologiques du microbiome
vaginal, permettant de palier l’ignorance actuelle en matière de
biologie fondamentale de l'environnement vaginal, dû au peu d’études
financées sur le sujet » insiste l’équipe de scientifiques.
https://www.uclouvain.be/fr/presse/news/un-traitement-probiotique-prometteur-contre-la-recidive-de-la-vaginose-bacterienne