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Un traitement probiotique prometteur contre la récidive de la vaginose bactérienne

Diag&Santé

21/04/2026

• La vaginose bactérienne touche 30 % des femmes dans le monde, soit des millions de femmes impactées par des pertes, odeurs ou irritations ainsi qu’un risque accru d’accouchement prématuré ou d’infertilité
• Une équipe internationale de scientifiques, dont une chercheuse de l’UCLouvain, a analysé lors d’essais cliniques, l’impact d’un traitement probiotique afin de renforcer l’environnement vaginal
• Résultat ? Un traitement à base de probiotiques d'une semaine a suffi pour réintroduire dans le vagin des bactéries protectrices, réduisant les risques de récidive

Une équipe internationale du Vaginal Microbiome Research Consortium, composée de scientifiques du Mass General Brigham (Harvard, US), du Centre for the AIDS Programme of Research (Afrique du Sud), de l’University of Maryland (US) et de l’UCLouvain a mis au point une nouvelle approche prometteuse pour prévenir la récidive de la vaginose bactérienne (VB). Les résultats de cette étude sont publiés dans la prestigieuse revue scientifique Cell Host & Microbe.

À l’échelle mondiale, cette perturbation du microbiome vaginal touche 30 % des femmes, provoquant des pertes et des irritations, et est associée à un risque accru d’accouchement prématuré, de contamination par le VIH ou le papillomavirus et de croissance cellulaire anormale au niveau du col de l’utérus. L’intérêt de cette étude ? Bien que les antibiotiques soulagent les symptômes à court terme, jusqu’à 60 % des femmes souffrent d’une récidive de la VB dans les six mois qui suivent l’infection, voire doivent l’endurer de manière chronique. La cause ? L’appauvrissement de la flore bactérienne vaginale, conséquence du traitement antibiotique.

L’équipe de scientifiques a donc cherché à déterminer s’il était possible de “réensemencer” cet environnement avec des bactéries protectrices et aider le corps à rester en bonne santé par lui-même. Un premier essai clinique était déjà parvenu, grâce au test d’un produit biothérapeutique, à réduire la récidive de l’infection mais au bout d’un traitement long d’11 semaines. Ce deuxième essai clinique avait donc pour but de mettre au point un meilleur traitement probiotique multi-souches. Baptisé VIBRANT (Vaginal lIve Biotherapeutic RANdomized Trial), l’essai a rassemblé 90 participantes originaires d’Afrique du Sud et des États-Unis. Chacune a reçu, durant 7 jours, des antibiotiques complétés par, selon le groupe, des comprimés placebo, des comprimés contenant 6 souches ou des comprimés contenant 15 souches des bactéries Lactobacillus crispatus, naturellement présentes dans le microbiome vaginal. Les scientifiques ont utilisé des techniques de séquençage pour rechercher la présence de bactéries bénéfiques durant cinq semaines. Ils ont constaté que le microbiome vaginal des deux tiers des participantes (66 %) contenait des bactéries protectrices dès les cinq premières semaines. Près de la moitié de ce groupe présentait encore ces bactéries lors du suivi prolongé à 12 semaines. L'équipe prévoit d’autres essais cliniques afin d'optimiser le traitement et obtenir l'autorisation pour la fabrication de cette biothérapie contre la vaginose bactérienne. 

Le rôle de l’UCLouvain dans cette étude ? Laura Symul, chercheuse en biostatistiques, a coordonné l’intégration des données cliniques et issues du séquençage, le contrôle de la qualité de ces données et appliqué les modèles d’analyse biostatistiques afin de consolider les résultats. 

Autre intérêt de cette étude ? « Au-delà des implications cliniques, l'essai offre un aperçu rare des mécanismes biologiques du microbiome vaginal, permettant de palier l’ignorance actuelle en matière de biologie fondamentale de l'environnement vaginal, dû au peu d’études financées sur le sujet » insiste l’équipe de scientifiques. 

https://www.uclouvain.be/fr/presse/news/un-traitement-probiotique-prometteur-contre-la-recidive-de-la-vaginose-bacterienne

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